Les Filles Atypiques, L’Histoire des Slits, Zoë Howe, chronique The Sad Place, août 2013

LES FILLES ATYPIQUES, L’histoire des SLITS
ZOË HOWE

THE SAD PLACE, webzine, 1er août 2013 :

« Obscure groupe punk féminin oublié pour les uns, totalement culte pour les autres, The Slits méritaient bien une biographie à leur gloire. Quatuor totalement en avance sur son temps, Ari Up, Palmolive (qui quittera le groupe assez tôt pour aller fonder The Raincoats), Tessa Pollitt et Viv Albertine furent les instigatrices du rapprochement entre le punk et le dub qui allèrent inspirer The Clash, Public Image Limited ou encore Big Audio Dynamite et quelques autres. Menées par une furie d’à peine quinze ans (Ari Up) qui révolutionna le concept de chanteuse sans voix mais avec une énorme personnalité, ouvrant la voie à des milliers de vocations (le livre lui est d’ailleurs dédié, Ari Up étant décédée brutalement d’un cancer à l’âge de 48 ans en octobre 2010), The Slits demeurèrent en accord avec leurs principes, vivant dans des squats, dormant dans des vans et dépensant l’avance de leur maison de disques pour faire venir des artistes adorés pour tourner en leur compagnie (parmi eux Don Cherry, jazzman génial et beau-père de Neneh Cherry qui deviendra membre des Slits avant de devenir la pop-soul star que l’on sait une décennie plus tard). On leur doit une poignée d’albums fondateurs, dans lesquels trois enregistrements studios (dont le cultissime ’’Cut’’ et sa pochette tribale qui fit scandale à sa sortie, ’’Return Of The Giant Slits’’ et l’inattendu ’’Trapped Animal’’ sortit en 2009). En plus de ces trois disques, on retiendra surtout leur deux ’’Peel Sessions’’ qui laissent entendre un groupe sans limite artistique. Soutenues par des membres des Clash, Joe Strummer et Mick Jones en tête, ces filles atypiques laissent derrière elles un héritage aussi important que bref, quelques vidéos d’époque que l’on ira mater en boucle sur YouTube et une discographie qui s’écoute en moins de deux heures dig this. Mais surtout, on retiendra le souvenir de femmes fortes qui représentaient la première vague émancipée, ouvrant le passage à toutes les Madonna et Courtney Love à venir. Définitivement pas des ’’Typical Girls’’ comme le prouve cette bio absolument indispensable que l’on dévore du début à la fin en se mordant les doigts de ne pas avoir vécu cette époque, se sentant comme des putain de bourgeois en somme. »

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The Slits : Discographie (complète)