Chroniques – Laisse la colère s’exprimer – Joe Strummer, le punk et le mouvement de la citoyenneté mondiale

Joe Strummer, Laisse la colère s'exprimer, Antonino D'ambrosio rectoPrésentation du livre

Ce livre est un recueil de textes, d’articles et d’interviews inédits en français auquel l’auteur, ayant lui-même rencontré Joe Strummer, ajoute des textes récents et instructifs, témoignant et allant au-delà de l’influence de l’artiste. Contient 16 textes et essais d’Antonino D’Ambrosio et 17 textes de divers auteurs, musiciens et journalistes : Wayne Kramer avec Margaret Saadi Kramer, Steve Walsh, Peter Silverton, Mikal Gilmore, Sylvie Simmons, Greil Marcus, Ann Scanlon, Dennis Broe, Amy Philips, Charlie Bertsch, Joel Schalit, Kristine McKenna, Carter Van Pelt, Tom Morello, Not4Prophet, Chuck D et Billy Bragg.

Kristine McKenna : A plusieurs reprises, tu as été présenté dans la presse comme “le fils d’un diplomate ayant abandonné son école d’art pour vivre la vie de bohème.” Est-ce une description fidèle ?

Joe Strummer : Non. Dans ma toute première interview, dans Melody Maker, lorsque j’ai soudainement été considéré comme “quelqu’un”, j’ai dit que mon père était diplomate simplement car je voulais lui rendre justice pour une fois dans sa vie. Mon père était un formidable excentrique qui n’aimait rien de plus que de se faire beau pour une soirée, et il était très drôle. Mais il n’était en substance qu’un petit employé dans la hiérarchie de l’ambassade britannique, et en vérité on n’avait que dalle. Un pavillon de quatre pièces à Croydon, c’était tout ce qu’il avait réussi à acquérir durant sa vie. Et Croydon, ce n’est pas la plus saine des banlieues. — Interview extraite de Un homme qui comptait par Kristine McKenna

Joe Strummer : Pour moi, les beatniks étaient les seuls artistes qui pouvaient te faire vibrer. Dans les années 60, l’Angleterre devait probablement ressembler à l’Amérique des années 50 – à croire que nous les avons préservés plus longtemps. C’était exactement ce qui nous fallait. La lecture des poètes Beat au Royal Albert Hall en 1965 a complètement changé la donne. C’est le jour où l’ancienne culture s’est éteinte en Angleterre. Nous avions déjà les Beatles et les Stones. Quand ils ont investi l’Albert Hall, le joyau de la culture lambda, rébarbative, et qu’ils ont amené tous ces poètes beatniks, dont Alan Ginsberg, ils ont cassé la baraque et tout le monde a accroché. C’est à ce moment-là que sixties ont vraiment commencé.

Joel Schalit : C’est plausible. surtout si on considère qu’à certains égards, la culture pop britannique peut être encore plus anti-intellectuels que la culture pop américaine.

Joe Strummer : Oui, moi je suis complètement anti-intellectuels. Je suis pro-intuition et pro-instinct. Nous avons déjà accordé trop de crédit à l’intellectualisme. Le règne des intellectuels est terminé. Ils n’ont rien fait pour nous. Ils écrivent des bouquins de philosophie longs et chiants que personne ne peut comprendre à part eux. Tout ce que cela a donné, c’est un monde plein d’avions qui grondent au-dessus de nos têtes avec leurs missiles guidés et leurs fusées. J’estime que tous les intellectuels devraient s’exiler sur une île quelque part et porter des vêtements en laine. » — Interview extraite de Le Combat du Titan par Joel Schalit

[The Clash] « Etaient-ils marxistes ? Etaient-ils leninistes ? Etaient-ils anarchistes ? Certainement pas. Etaient-ils des rockers qui gravissaient l’échelle sociale en cooptant des slogans révolutionnaires dans le but d’acquérir des parts de marché ? Peut-être, selon de quel côté de la barrière punk vous vous situiez. » — Extrait de Le Combat du Titan par Joel Schalit

Joe Strummer, Laisse la colère s'exprimer, Antonino D'ambrosio recto

LAISSE LA COLÈRE S’EXPRIMER – Joe Strummer, le punk et le mouvement de la citoyenneté mondiale, Antonino D’Ambrosio, chronique Underground Bokal Resistance, Feuille d’infos n°12, décembre 2020

LAISSE LA COLÈRE S'EXPRIMER. JOE STRUMMER, LE PUNK ET LE MOUVEMENT DE LA CITOYENNETÉ MONDIALE. Antonino d’Ambrosio, Éditions Rytrut. 392p., Nov 2020, 24€ Quel titre d’ouvrage ! Quelle somme de culture ! Quelle couverture ! Quelle surprise à la veille des…

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