Sur la Route avec les Ramones, Monte A. Melnick + Frank Meyer, chronique Palamach, Horns Up, février 2017

 

Sur la route avec les Ramones, Monte A. Menick + Frank Meyer, couverture © Jon Holmstrom

HORNS UP

14/02/17 – Pamalach

RAMONES :  SUR LA ROUTE AVEC LES RAMONES

Si vous êtes un amateur de punk rock, nul doute que vous vous êtes déjà envoyé bon nombre d’ouvrages sur les Ramones, de « Poison heart : Surviving the Ramones » de Dee Dee à « Punk Rock Blitzkrieg : My life as a Ramone » de Marky, il ne manque pas de littérature à ce sujet. Peut-être connaissez vous déjà « Sur la route avec les Ramones » de Monte A. Melnick et Frank Meyer… mais si ce n’est pas le cas, il est grand temps de venir combler cette lacune, car en plus d’être complètement indispensable, l’édition présentée aujourd’hui aux éditions Rytrut est véritablement superbe.

Il y a quelques années, j’étais plutôt rétif à l’idée de lire des biographies qui n’étaient pas directement rédigées par les membres du groupe eux-mêmes. Au fil du temps, je me suis aperçu que cela pouvait avoir de l’intérêt dans la mesure où les musiciens avaient parfois des trous de mémoire ou de sacrées tendances à la mythomanie et à l’omission !

Drivé par Monte A.Melnick, « Sur la route avec les Ramones » propose un récapitulatif chronologique de l’histoire du groupe, agrémenté de nombreux témoignages et d’archives personnelles du ténébreux moustachu.

Navigateur en chef du van Ramones pendant 22 ans, Monte A. Melnick a eu la lourde tache d’être leur tour manager pendant les quelques 2265 concerts qu’ils ont donné à travers le monde. Celui qu’on appelait le cinquième Ramones cumulait à peu près toutes les fonctions inhérentes à un pro de la route (de l’intendance pure et simple au rôle de substitut parental) et devait à la fois gérer les quatre Ramones (qui étaient de sacrés cas sociaux !), le roadcrew (à coté duquel le groupe faisait office d’enfants de chœur) et les incroyables coups du sort qui sont tombés sur le groupe pendant toute leur carrière. Autant dire qu’il en a à raconter le père Melnick.

Si l’histoire du groupe et ses principales légendes sont relativement connues, il est toujours intéressant de lire comment les proches des Ramones ont vécu les grandes étapes de leur carrière. Les témoignages sont ici agrémentés de nombreuses interviews des membres du groupe eux-mêmes, des roadies, du personnel des maisons de disques, d’ex-petites amies, producteurs, amis et proches du groupe. Assez digeste, le livre se découpe en chapitres organisés autour des déclarations des différents protagonistes. Un peu à la manière de « The Dirt », il arrive que tous se rejoignent sur la version d’un événement… mais assez souvent elles divergent. Les musiciens en sont arrivés à tellement se détester qu’il apparaît assez incroyable qu’ils soient restés si longtemps ensemble. Si le désamour entre Joey et Johnny était tenace, on apprend combien les relations entre chacun d’entre eux pouvaient être toxiques et combien certaines brouilles (l’histoire de « The KKK took my baby away ») avaient pu aller loin. Et si les tensions ne sont pas éludées, la force qui était celle du groupe à ses débuts est palpable, le nombre important de classiques à leur crédit n’étant plus à prouver.
On retrouve le conservatisme et le caractère dictatorial de Johnny, les T.O.C. de Joey, la punkitude de Dee Dee, et la chicken dance de Marky. Parfois tordante, l’histoire des Ramones reste au final assez tragique, les épreuves qu’ils ont dû surmonter ne leur ayant jamais ouvert les portes du succès. D’autres combos parfois moins talentueux se sont chargés de ramasser les lauriers à leur place quand les new-yorkais terminaient leur route avec le statut de groupe « culte », sachant pertinemment qu’ils n’accéderaient à la gloire et aux succès. Cet aspect un peu contradictoire du groupe de punk en mal de reconnaissance est bien rendu dans le livre, les penchants « Bubble gum » (« I wanna  be your boyfriend » pour ne citer que celle-ci) du groupe n’étant pas passés sous silence, contrairement à de nombreux commentaires qui les limitent à leur côté plus dur.

De nombreuses petites anecdotes viendront combler ceux qui veulent toujours en savoir plus sur le groupe, quand les néophytes auront une vision assez large de l’univers du groupe et de ses musiciens. Plus que n’importe autre livre sur le groupe, « Sur la route avec les Ramones » apporte l’éclairage le plus étayé et le plus documenté qu’il m’ait été donné de lire sur le sujet, les bios de Dee Dee et Marky amenant un point de vue plus partial. Dans les galères et les moments de gloire, les Ramones resteront ce groupe de punk visionnaire, avec quelques années d’avance sur tout le monde et qui pondront une série d’albums intemporels dont certains n’ont pas pris une ride plus de 40 ans plus tard.