Interview de Monte A. Melnick, On the Road with the Ramones, par Bob Ruggiero, Houston Press Blogs, février 2009

SUR LA ROUTE AVEC LES RAMONES
MONTE A. MELNICK + FRANK MEYER

HOUSTON PRESS

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Get Lit: On the Road with the Ramones

Interview de MONTE A. MELNICK par Bob Ruggiero, février 2009

(traduite de l’anglais par Paul Vincent, 2012 Rytrut)

De leur première apparence en 1974 à New York à leur dernier concert en 1996 à Los Angeles, huit frangins vêtus de cuir ont revendiqué le patronyme de Ramone. Mais si les parrains du punk-rock comptait un neuvième membre, ce serait bien sûr Monte Ramone. 2 263 concerts devant un public allant d’une poignée d’employés d’un club ennuyeux dans le Bowery, aux stades bondés avec des dizaines de milliers de personnes à l’étranger, chantant en chœurs leurs chansons. Monte A. Melnick a vu tout cela.

Il était le road manageur des Ramones, l’entrepreneur, le camarade, le confident, le frère de cœur, le solutionneur et beaucoup plus. Dans Sur la route avec les Ramones, Melnick partage ses expériences et fait intervenir plus de cinquante participants à l’histoire des Ramones. Initialement publié en 2003, incluant plus de 250 photos rares, il a récemment été réédité dans une version mise à jour.

Rocks Off s’entretient avec Melnick, qui travaille maintenant au musée du New York Hall of Science en tant que superviseur dans l’audiovisuel. Il parle de ses années avec les pinheads, les spécialistes du ‘1-2-3-4’, des seringues de Dee Dee, et il a navigué gentiment sur l’axe explosif entre Joey et Johnny.

Rocks Off : Alors, 2 263 concerts. En as-tu jamais raté un ?

Monte Melnick : Il y a eu quelques concerts au début, peut-être deux ou trois, où ils n’avaient pas les moyens de me faire venir !

Rocks Off : L’influence et la popularité des Ramones a seulement explosé ces dernières années. Il y a constamment des groupes qui les citent en référence, et on trouve maintenant leurs tee-shirts avec le logo du « Sceau présidentiel » dans tous les centres commerciaux.

Monte A Melnick : La moitié des gens qui achètent ces tee-shirts ne connaissent même pas le groupe ! C’est pareil pour les maillots du CBGB. Ça me laisse penser que si les Ramones avaient si populaires quand je travaillais avec eux, j’aurais certainement obtenu une augmentation ! Mais ça aurait été sympa qu’ils soient aussi importants lorsqu’ils étaient ensemble, à se se débattre, et qu’ils puissent profiter des avantages de cette popularité.

Rocks Off : Le choix des personnes interviewées pour ce livre, est-il le plus facile parce qu’aucune d’entre-elles ne pouvait douter de ton association avec le groupe ?

Monte A Melnick : Absolument ! Je connaissais tous ces gens personnellement, et très bien. Et ils ont craché le morceau sur beaucoup de choses. Un des avantages de faire une histoire orale est qu’ils ont dit des choses que je n’aurait pas voulu dire ! Il y a des anecdotes délicates pour lesquelles j’ai été heureux de laisser les autres en parler.

Rocks Off : Les photos sont incroyables. Surtout les instantanées.

Monte A Melnick : La plupart proviennent de ma collection personnelle. Le directeur artistique a été génial. Et mes photos sont répartis tout au long du livre. Dans la plupart des biographies musicales, vous avez quelques pages de photos glissées au milieu du livre.

Rocks Off : Était-ce difficile d’enlever des passages que tu aurais voulu inclure ?

Monte A Melnick : Oh oui. Il s’agit de plus de 25 années truffées d’anecdotes. Le livre aurait pu être facilement deux ou trois fois plus gros.

Rocks Off : Comme les Beatles, les personnalités des Ramones sont tombées dans une généralisation grossière : Joey était le cœur sensible, Johnny le sergent bourru, Dee Dee le défoncé de service, et Tommy le cerveau équilibré du studio. Dans quelle mesure cela est proche de la réalité ?

Monte A Melnick : Comme beaucoup de généralisations, c’est assez vrai. Mais il ne faut pas oublier que c’est ensemble qu’ils ont fait les Ramones.

Rocks Off : Que penses-tu du documentaire End of the Century ? Il y a beaucoup de d’honnêteté et des moments sans ménagements, particulièrement sur la rivalité entre Joey et Johnny qui a duré pendant de nombreuses années.

Monte A Melnick : Ça peut finir par être un peu déprimant, mais c’est l’histoire véridique ! C’est comme ça que ça s’est passé.

Rocks Off : Dans votre livre, vous citez un journaliste musical qui dit : « La saga des Ramones pourrait être résumer par le stress et le vieillissement sur le visage de Monte. » C’est vrai ?

Monte A Melnick : (rires) Ouais, Ouais ! Tu sais, c’était un travail difficile ! Y a qu’à voir la tête du Président après quatre ans de mandat !

Rocks Off : Mais le Président n’a qu’à gérer les relations diplomatiques entre pays belligérants. Toi, tu devais gérer Joey, Johnny, Dee Dee et Marky.

Monte A Melnick : Eh bien… c’était intéressant !

Rocks Off : As-tu souvent des nouvelles des survivants du groupe ? Tommy, Marky et C.J. ?

Monte A Melnick : Faut pas oublier Richie et Elvis !

Rocks Off : Eh bien, je n’avais pas prévu de parler de Richie, en fait. Il avait poursuivi le groupe en justice pour ne pas avoir été crédité pour l’écriture de chansons et dans les histoires sur le groupe, c’était le ‘Ramone Perdu’. Je ne savais pas à quoi ressemblait la relation que vous aviez.

Monte A Melnick : Pas bon (rires) ! Il habite à Phoenix. Il avait juste disparu et ne voulait plus rien à voir avec les Ramones. Il n’est même pas vu venu récupérer ses royalties ! J’ai essayé de lui parler pour le livre, mais il n’a pas voulu. Je suis toujours très amis avec Tommy. Il a un duo de bluegrass maintenant ! Marky fait une émission à radio Sirius/XM à laquelle j’ai participé quelques fois. C’est un bourreau de travail, il fait encore la route et joue des chansons des Ramones. Je suis tombé récemment sur C.J. Il est venu au Hall of Science avec ses enfants, et il joue encore dans des groupes. Et Elvis va très bien ! [Clem Burke, batteur de Blondie et brièvement des Ramones]. Il aurait vraiment voulu être un Ramone, mais ce n’est pas tombé au bon moment. Il lui aurait fallu plus de temps pour apprendre les chansons, et nous devions partir en tournée, puis Marky est revenu.

Rocks Off : Je n’ia vu les Ramones qu’une fois, à Austin, Texas, en 1990. C’était lors de la tournée au « Escape From New York » [avec Deborah Harry de Blondie et Tom Tom Club avec Jerry Harrison, 3/4 de membres des Talking Heads]. Les Ramones sont passés au milieu de l’après-midi, sous un soleil éclatant, mais ils était tous vêtus de cuir.

Monte A Melnick : L’ordre de passages des groupes était rotatif sur cette tournée. C’était étrange de jouer dans ces Festival en plein soleil.

Rocks Off : Des souvenirs particuliers de dates à Houston ou au Texas ?

Monte A Melnick : Le Texas était toujours un endroit idéal pour nous. Houston a toujours été une bonne ville… J’oublie les noms des clubs où nous avons joué. Une fois, à Austin, certains d’entre nous sont allés Barton Springs [pour nager]. Joey était avec nous.

Sur la Route avec les Ramones, Monte A. Melnick + Frank Meyer, chronique Sylvain Nicolino, Obskure.Com, janvier 2013

Sur la route avec les Ramones, Monte A. Menick + Frank Meyer, couverture © Jon Holmstrom

SUR LA ROUTE AVEC LES RAMONES
MONTE A. MELNICK + FRANK MEYER

par Sylvain Nicolino OBSKURE.COM, 6 janvier 2013

Les Éditions Rytrut se sont associées à plusieurs autres structures (Slime Zine, Emergences Records, Contre-Choc, Everyday is like Sunday, Didier DDD et Le Bruit des Caves) pour publier Sur la Route avec les Ramones.

Le contenu dense, comme toujours avec cet éditeur, présente les différents membres du groupe emblématique de la première scène punk new-yorkaise ainsi que le parcours chaotique mais cependant rectiligne de leur création. C’est Monte A. Melnick, souvent présenté comme le « cinquième Ramone » qui est au centre de l’étude. Manager, roadie, conducteur, assistante sociale, psychologue d’urgence, ami : c’est grâce à lui que le groupe a traversé tous les obstacles, personnels et professionnels.

On retient habituellement des Ramones le fun des mélodies et l’acidité d’une réputation de Dalton’s du punk-rock, mettant en avant la probable stupidité des musiciens et leur singulier look digne de ce que les BDs rock’n’roll donneront par la suite (on pense bien sûr à notre Margerin national). Ce livre, en allant au fond des choses dévoile une vérité toute autre et impose le respect.

Musicalement, les titres des Ramones sont devenus des tubes, directs, efficaces, variés et tapant juste à chaque couplet et refrain. Sur le plan humain, ce voyage dans l’envers du décor révèle les difficultés incroyables que Dee Dee, Joey, Johnny ou encore Tommy, CJ, Marky ont eu à vivre cette vie-là. Double réussite, donc, musicale (on le savait) et humaine (on le découvre mieux).

La vie de manager ne peut se conjuguer avec les fêtes à outrance : Monte A. Melnick a été souvent obligé de rester sobre, seul à bord, pour assurer toute la logistique du groupe en tournée. Les détails des trajets, des réservations d’hôtels, des contrats avec des salles, des ennuis de passeport aux pages toutes remplies, des restaurants à retenir, des bières à trouver et même les emplois du temps respectifs pour enregistrer des disques sont une riche source d’enseignements sur ce métier bien prenant. Un travail sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Une tournée, c’est à la fois des grandes vacances et un boulot interminable. En première ligne face aux désirs et caractères de toute une équipe, face aux vols de camion et à la nécessité de remplacer tout le matériel pour la date suivante, Monte ne tire néanmoins pas la couverture à lui mais dit, dans de courts et nombreux extraits d’entretiens, ce que fut sa vie. C’est le journaliste Franck Meyer qui discute avec lui, sur un ton détaché, donnant aussi la parole aux divers protagonistes et artistes de la période, obligeant chacun à réagir, à remonter le temps et à raconter ce que furent les Ramones.

Avec eux, on voit revivre le studio Performance où les New York Dolls pouvaient croiser Blondie, la compilation Nuggets fait résonner sa pop-rock bubble-gum, les groupes influents s’appelaient les Dead Boys, Stooges, Television, Talking Heads, The Dictators, les Runaways ou les oubliés Bay City Rollers. Paul McCartney faisait encore rêver jusque dans son nom d’emprunt pour louer des chambres d’hôtel (Paul Ramone, d’où le nom du groupe…), une époque revit, du temps où chez Disneyland, le public ne pouvait pas avoir les cheveux longs… Cependant, la discussion évite le piège de la chronologie trop précise et préfère aborder les choses par thématiques. Les enfances de Joey, Johnny et Dee Dee sont éloquentes et révélatrices de ce qui surviendra. La pseudo vision politique de Johnny est passée au crible de la désintoxication, entre provocation et manque de repères.

Le livre décolle vraiment lorsqu’en janvier 1975, dans ce qui n’est encore qu’un quartier pourri de Manhattan, les Ramones passent à l’action au CBGB : ils ont le look, l’attitude, la musique, la bonne sono, les paroles nappées d’humour noir. La recette terriblement efficace ne variera plus.

Rétrospectivement, pour ceux qui ont connu les Ramones comme une référence fondamentale (tous ceux ayant moins de 45 ans, en gros), il est étonnant de voir que le succès ne fut pas présent, du moins pas comme on aurait pu le croire. Les tournées s’enchaînent, les disques sortent régulièrement, le groupe vit. Mais, aucun titre du groupe ne passe sur les grandes radios américaines, rebutées par l’image du punk qui se télescope sur les parrains que sont les Ramones. Le milieu des émissions indépendantes est bien trop restreint pour faire un succès et les journalistes, ainsi qu’une partie du public, ont peur de ce groupe dont chaque membre semble prêt à la bagarre… Le mutisme des Ramones n’est pas qu’un style de vie. C’est aussi une caractéristique humaine. Les uns et les autres souffrent de handicaps dans leurs relations humaines. Non seulement leurs enfances ont laissé des traces douloureuses dans l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes, mais en plus les conditions de vie du groupe les coupent d’une destinée « normale ». Joey, Johnny et Dee Dee grandissent seuls, le groupe ayant happé la fin de leur adolescence ; leurs vies sont dévolues à la musique. Les troubles obsessionnels compulsifs de Joey sont ainsi décrits (de bonnes informations médicales sont reproduites), les douleurs liées à l’amour partagé entre Johnny et Joey pour Linda, les changements de caractère de Dee Dee et la souffrance causée par les abus…

Le groupe ne se parle plus, mais continue à vivre pour sa musique, persuadé qu’un jour la reconnaissance sera là, incapable sans doute de vouloir autre chose. MTV ne passe pas leurs clips (pourtant judicieusement tournés comme avec cet unique plan-séquence sur « I wanna be sedated »), les Ramones deviennent progressivement cultes sans avoir de tubes… Les maisons de disques se refilent le groupe, sans savoir comment faire progresser significativement sa réputation. L’arrivée de CJ, le baby-Ramone donne un second souffle à ces vétérans, leur permettant la jonction avec les années 90 et assurant ainsi leur emprise sur trois décennies de musiciens. Aujourd’hui, si Les Simpsons assurent le mythe en faisant des quatre des héros de dessin animé, les fashionistas achètent en magasin branché l’un de ces T-shirts (la mise en place du merchandising est d’ailleurs l’objet de belles passes d’armes) qui assurent une soit-disant crédibilité punk-rock. Triste destinée que trois des Ramones ignoreront, heureusement.

On sort du livre, non pas conquis (qui ne l’était pas?) mais attendri par le tragique et le burlesque de ces vies cassées qui ont malgré tout réussi à donner leurs meilleures pulsions au rock. Il est frappant de s’interroger sur ce que serait devenu chacun d’eux sans le groupe. La musique leur a permis de surmonter leurs troubles, leur a donné l’illusion d’une famille tout autant que la grâce de concerts volés à la malchance, à force de talents, à force de travail. Des ouvriers du punk-rock, à mille lieux de l’escroquerie ironiquement déployée par la bande de McLaren…

Cerise sur le gâteau, en plus des très nombreux visuels en couleurs (dont flyers, affiches, pass backstage, cartes postales envoyés par Monte, photos personnelles…), le livre dresse la liste des concerts de 1974 à 1996 et s’enrichit de quatre marque-pages collectors : 1, 2, 3, 4 !

Sur la Route avec les Ramones / Au coeur de la Machine écrit par Monte A. melnick et Franck Meyer 312 pages

Sur la Route avec les Ramones, Monte A. Melnick + Frank Meyer, annonce Everyday Is Like Sunday, décembre 2012

Sur la route avec les Ramones, Monte A. Menick + Frank Meyer, couverture © Jon Holmstrom

SUR LA ROUTE AVEC LES RAMONES
MONTE A. MELNICK + FRANK MEYER

EVERYDAY IS LIKE SUNDAY, décembre 2012

« J’ai participé, via ma petite structure Everyday is Like Sunday, à l’édition du livre SUR LA ROUTE AVEC LES RAMONES

Je suis très fier de collaborer avec Rytrut éditions (en co-production avec Slime, Emergence, Le Bruit des Caves, Contre Choc, DDD) à la version française de ce que je considère comme le meilleur livre sur les Ramones.

J’ai acheté et lu ce livre en version anglaise à sa sortie il y a une petite dizaine d’années,  j’avais été soufflé par la qualité de l’ensemble… Des témoignages, des photos inédites, des documents d’époques sur l’envers du décor, bref c’est ultra complet et très détaillé, ceux qui veulent en savoir plus sur l’intimité, l’organisation et le quotidien de ce groupe phénoménal seront servis… Avec la participation des membres du groupe bien sûr mais aussi l’avis et les anecdotes de ceux qui les entouraient (management, road crew, amis, autres groupes, ainsi que tous les membres du line-up présent et passé, etc.).

Un gros pavé, magnifique objet, qui occupera vos longues soirées d’hiver !
Une lecture indispensable pour ceux qui s’intéressent au (punk) rock et à l’Histoire musicale ! »

– Nasty Sammy

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Thomas Fleitour, Alter1fo.com, mai 2013

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

Ater1fo.com, Le magazine internet rennais, 4 mai 2013

Par Tom • 4 mai, 2013 • Catégorie: A la Une sur Alter1fo, livres, musique

« Certains bouquins font chaud au cœur et celui ci, qui compile l’intégralité des textes de Jello Biafra, l’ex-chanteur des Dead Kennedys, l’est à plus d’un niveau. Bien évidemment, nous allons revenir sur la longue et chaotique carrière du trublion du Hardcore, mais ce sera aussi l’occasion de parler de l’éditeur, Rytrut qui vient d’accomplir une nouvelle fois un travail remarquable malgré le peu de moyens dont il dispose et surtout d’un mode de fonctionnement autogestionnaire qui force le respect. Jello peut être fier de vous les gars !

Rytrut est donc une minuscule maison d’édition spécialisée dans les musiques bruyantes et notamment le Hardcore américain. Dans leur fond de catalogue on peut y trouver « Going Underground : Punk Americain 1979-1992″ un énorme ouvrage très complet sur cette scène qui incarne véritablement le renouveau du Punk après la disparition des Sex Pistols. Le dernier Gig des Pistols se déroule au Winterland à San Francisco. Les Avengers et les Nuns ouvrent pour eux. Ils représentent la nouvelle scène Punk Californienne. Depuis quelques mois émergent des groupes inspirés principalement des groupes anglais et des Ramones (sauf pour le look). Les Damned sont déjà passés dans la ville et ils ont pas mal traînés avec la faune locale. Ils vont avoir un impact énorme sur les groupes locaux, aussi bien musicalement qu’au niveau de leur attitude, proche du public. La nouvelle scène californienne va avoir beaucoup de mal à s’imposer. A Hippies Land, personne ne veut les faire jouer et enregistrer un album tient du miracle. Malgré cela la scène se construit et s’organise. Le DIY marche à plein tube. Mais les temps restent durs et les groupes s’épuisent. Il manque un catalyseur pour booster ces bonnes âmes. Le salut viendra de 2 groupes, les Black Flag d’Hermosa Beach et les Dead Kennedys de Frisco.

Ces deux groupes vont poser les jalons de ce qu’on nomme maintenant le Hardcore. Musicalement, c’est une évolution du punk, dont le crédo est « Plus vite, plus fort ». Cette évolution plait à la jeunesse dorée et désoeuvrée californienne. L’esprit est proche des Clash avec un discours social très vindicatif, et une critique omniprésente de la société américaine. Mais les californiens n’ont pas oublié les leçons des Damned et ils enrobent leurs discours avec l’humour nécessaire pour que le message passe. C’est à ce jeu là que les Dead Kennedys sont les plus forts. Leur parolier, Eric Boucher est un joyeux drille. Son premier fait d’arme est de se rebaptiser en Jello Biafra, c’est à dire d’associer la terrible famine du Biafra avec une marque de bonbons gélifiés. Jello Biafra est un fouteur de merde, et c’est sa principale motivation quand il monte les Dead Kennedys, il veut pointer du doigt toutes les contradictions de la vie américaine. Il va s’en donner à cœur joie.

Le premier opus du groupe est un cocktail Molotov à la face de la droite conservatrice et des institutions américaines. Parmi les brûlots, on peut retenir des merveilles comme Let’s Lynch the Landlord (Lynchons le proprio), Kill the Poor (Tuons les pauvres), un moyen assez pragmatique de baisser la courbe du chômage, ou le sublime, Holiday in Cambodia, une satire où Biafra conseille aux jeunes américains d’aller perdre leurs kilos superflus. Un disque toujours d’une cruelle actualité trente ans après. On ne changerait peut-être que le Cambodge par Koh Lanta car depuis 1979, l’avenir des Khmers s’est quand même considérablement amélioré. L’autre perle du disque est California Über Alles, un pamphlet contre la soit disant douceur de vivre californienne. C’est aussi un résumé du programme électoral du Camarade Biafra qui a eu l’idée pas si saugrenue de se présenter à la mairie de San Francisco en 1979. Il finira 4ème, emportant presque 4 % des voix, mais malheureusement ce sera insuffisant pour interrompre sa prometteuse carrière artistique.

Les albums vont se suivre, en continuant à remuer le purin des bas fond de la maison américaine. Forcement une telle attitude génère de l’inimitié de la part des ligues bien pensantes. Quand le groupe sortira son 3ème LP, Frankenchrist, elles porteront plainte contre un poster du plasticien Hans Ruedi Giger inclus dans l’album, représentant des phallus dressés pénétrant des vagins. Le groupe sera condamné et aura du mal à se relever de ce coup dur. Durant les mois de procédure, le groupe subira une pression zélée de la part des forces de l’ordre. L’année suivante, le dernier album Bedtime for Democracy fait du sur place et revient en long et en large sur les déboires des mois précédents. Le groupe split dans la foulée.

Mais Jello Biafra n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers. Au début du groupe, il crée parallèlement le label Alternative Tentacles sur lequel vont sortir les productions des Dead Kennedys puis tous les groupes dont il se sent proche. On peut citer, les canadiens de DOA, Melvins, F-Minus, les Thugs d’Angers et même le linguiste Noam Chomsky très impliqué dans les mouvements Anarchistes. Mais Jello ne se cantonne pas seulement à la gestion de son label, il multiplie les projets politiques et les collaborations artistiques. La liste est longue et il est difficile de le suivre tant les groupes sont variés (Indus pour Lard, Metal chez les Melvins, Hardcore avec DOA, le Rockabilly de Mojo Nixon, etc.).

Le recueil des éditions Rytrut permet justement de suivre le fil tortueux de la carrière de Biafra. On remarque aussi que quelque soit la forme, son discours change peu. C’est même rafraîchissant de voir quelqu’un d’aussi constant dans ses convictions et qui 35 ans après ses débuts, continue toujours à enfoncer le clou là où ça fait mal. Le livre est aussi une collaboration entre l’éditeur et une palanquée de dessinateurs dont la mission était d’illustrer chacune des chansons du livre. Cela donne …pff, j’ai pas eu le courage de compter, mais il y a 61 personnes qui ont contribué aux illustrations.

Je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur le site des éditions Rytrut pour vous procurer cette merveille. Et surtout chaque livre permet de financer le suivant, alors se procurer un bouquin de Rytrut dépasse le seul plaisir onanique, c’est un acte militant. »

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Que la farce soit avec vous – Jello Biafra (Paroles 1978-2011) – édition Rytrut – ISBN 978-2-9520083-6-5
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Liens :
La maison d’édition Rytrut
http://www.alternativetentacles.com

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Wallabirzine, juillet 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

WALLABIRZINE, 22 juillet 2012

Les éditions Rytrut ont eu l’excellente idée de traduire la publication des lyrics du bourgmestre de l’underground, le facétieux Jello Biafra.

Ce livre est la traduction de ses paroles durant sa carrière avec les Dead K et les coalitions musicales diverses qui ont suivies jusqu’à aujourd’hui avec son dernier groupe Jello Biafra & The Guantanamo School Medecine.

Que dire sur cet énergumène ? Si ce n’est que cet intarissable lutteur de l’ironie et du sarcasme a écrit des chansons aux venins encore frais plus de trente ans après. Qu’il est passé magistrat dans l’art du réquisitoire jubilatoire, et que Jello c’est la traduction parfaite du terme Punk, selon mes sources d’investigations propres et partisanes aux valeurs qu’il revendique.

Dans le numéro 13 du fanzine WallaBirZine, j’ai écris une nouvelle dans laquelle j’utilise, et en toute modestie, sa façon cynique d’aborder certain sujet disgracieux en me moquant par la même occasion de lui et de la dessinatrice Tanxxx, dont on peut admirer le trait dans ce livre ci, puisqu’il est surmonté de nombreux dessins, mais j’y reviendrais plus loin.

C’était donc une pique qui rend hommage avant tout à ce génie punk ! Bien entendu je ne me fais pas d’illusion, encore un témoignage de respect caché sous un subterfuge et qui sera passé à côté de l’effet escompté très certainement, tant la prose du WallaBirZine demeure encore et toujours sibylline pour en gravir l’échafaud avec enthousiasme à cause de son anomalie spécifique. Non je ne me la pète pas.

Jello qui a nourri les abattoirs de désillusion quand à la teneur merveilleuse de l’American Way Of Life dans de nombreux yeux européens, en préservant l’ivraie du mensonge dans le cœur défendant de son idéologie libertaire, est un inexpugnable provocateur, qui redresse l’escroquerie et l’ignominie des gens de pouvoir tout au long de sa carrière bien remplie à coups de martinet satirique. Jello est le père fouettard du capitalisme, papa gâteau de l’anarchie-écolo, démiurge au punk unique et euphorique, ce livre permet de rendre obsolète les prévisions d’enrichissement tant affranchies par les politiques successives, et d’enfouissement de leurs dissimulations mensongères car avec le recul nécessaire, Jello n’apparaît plus comme un fou chantant mais comme un visionnaire. J’irais même jusqu’à dire un éducateur spécialisé, dont les discours ont pu gaver par moment, mais dont le pacte didactique a peut être permis de faire réfléchir certain.

Car : Éduquer c’est rabâcher.

Ce livre est un outil pédagogique pour les générations futures, enfin….au vue de l’ascension du Front National je me permet d’en douter tout de même.

Sachez aussi que le dernier concert que j’ai vu de Jello Biafra, c’était à Toulouse et des fantassins de l’extrême droite ont cru bon venir fanfaronner à la sortie et prendre des châtaignes en travers de la gueule juste pour sentir l’usufruit de la leçon que nous venions d’entendre du professeur Biafra.

Ouais le combat est permanent, Jello le sait, c’est pour cela qu’il récidive sans cesse. Vous pensiez peut être qu’avec l’age il radotait ?

Non, du tout. Il combat, il résiste ! Il est vert. Son tronc ne flanche pas et son écorce est dure.

Je pense qu’il n’a pas du falloir tergiverser trois plombes pour trouver des dessinateurs et dessinatrices volontaires pour ce livre, tant le chanteur bénéficie d’un fort capital sympathie au sein de l’underground hexagonal. Je ne vais pas tous les citer mais il n’y a pas que les plus dégueulasses et c’est toujours dans le ton faussement jovial de Jello, et il y a bien sûr de nombreux collages punk in situ.

Je finis avec ce passage du titre « Squelette de Bozo » :

« Ébranler les personnes confortablement niaises avec une satire constructive fait de ma vie une grosse farce dans une société que je déteste. Tout ce que nous représentons sur une scène, c’est le vaudeville bouffon d’un soir ».

– Bir

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Rise Tattoo n°22, décembre 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

RISE TATTO n°22, décembre 2012

rise22coverIncroyable ! Les paroles des différents groupes de Monsieur Jello Biafra misent en images ! Dessins, illustrations et les paroles traduites en français ! Le début du projet remonte à 2005. « Un nom marquant et une influence certaine au sein de la culture underground et des scènes indépendantes depuis son premier groupe, Dead Kennedys, en 1978, et sa candidature à l’élection municipale de San Francisco l’année suivante. L’infatigable artiste et activiste politique est plus que jamais impliqué dans son combat contre l’Amérique conservatrice, la droite religieuse et tous les sectarismes aux États-Unis… Ce livre offre au lecteur une traduction de ses paroles de chansons écrites pour ses différents groupes et coopérations jusqu’en 2011 : Dead Kennedys, Lard, NoMeansNo, D.O.A., Tumor Circus, Mojo Nixon and The Toadliquors, The No WTO Combo, Melvins, The Guantanamo School of Medicine. Les paroles de Jello Biafra, non dénuées d’humour et de satire, et souvent empruntes de surréalisme proposent un regard critique sur ces sociétés néolibérales qui tentent sans cesse d’engloutir leurs peuples. Autant que sa musique, ses mots nous rappellent l’esprit d’ouverture des acteurs du punk et la nécessité de faire son propre truc, d’exprimer ses propres idées, avec une volonté de sortir des clichés entretenus non seulement par certains médias mais aussi au sein de sa propre communauté. L’aspect piquant, provocateur du verbe étant à la base même de ce mouvement d’expressions variées qu’est le punk, parfois récupéré à toutes les sauces, jusqu’à devenir une caricature ou simplement une formule vendeuse. Le mot d’ordre des conférences de Biafra, dans son registre de lectures publiques : “Ne déteste pas les médias, deviens le média !” est un appel à l’action, à l’engagement pour des causes visant à rétablir une harmonie sur notre planète, plutôt qu’à la fatale marginalisation… Le titre de ce livre est tiré d’une insert et de paroles de Lard : May the farce be with you ! » 61 artistes se sont donnés rendez-vous pour illustrer ce brulot immanquable !

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Silvère Vincent, Abus Dangereux n°124, septembre 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

par Silvère Vincent, ABUS DANGEREUX FACE 124, septembre 2012

abus124coverLa surprise livresque du moment ! La maison Rytrut édite Que La Farce Soit Avec Vous, une initiative hexagonale rassemblant l’intégralité des textes de Jello Biafra depuis 1978, soit depuis les débuts des Dead Kennedys et la création du mouvement punk-hardcore aux Etats-Unis. On le sait, l’homme est la pierre angulaire du genre. C’est donc un monument de l’Histoire du Rock qui est revisité en 400 pages, illustrations comprises. Impossible alors d’échapper aux listings pour expliquer l’immensité de l’oeuvre de JB. On découvre ou redécouvre ici, impeccablement traduits par Paul Vincent et son équipe, l’intégralité de ses textes pour les DK, donc, mais aussi ceux pour ses autres et expériences successives du Californien énervé. Ils sont tous là : Lard, NoMeansNo, D.O.A., Tumor Circus, Mojo Nixon & The Toadliquors, The No WTO Combo, Melvins, jusqu’à The Guantanamo School of Medicine. Ce dernier groupe semble d’ailleurs avoir un peu retardé la sortie du livre, Biafra tenant absolument à ce que ces derniers textes soient présents eux aussi. Personne ne s’en plaindra. En effet, entre 1978 et 2011, soient trente-trois années d’activisme punk, do it yourself, l’homme n’a rien lâché, ni de la forme souvent satirique et humoristique, ni du fond politique. Avec quelques autres (Black Flag et Henry Rollins, Melvins, Steel Pole Bath Tub…), « Le » Jello a inventé le hardcore au début des 80’s sur les cendres de la musique punk. Au nihilisme du « No Future », il a toujours opposé un combat constructif et réfléchi. Que La Farce Soit Avec Vous donne l’occasion de retrouver les luttes du monsieur contre le système américain et ses excès insupportables mais aussi contre l’ultra-libéralisme et la mondialisation qui s’imposent, comme un cancer, partout dans le monde. C’est un livre, on ne parlera donc pas de musique, cette fois, mais on comprend mieux l’énergie, la hargne, la colère des morceaux des Dead Kennedys et suivants à la lecture de ces textes construits, pensés et savamment exprimés. Les traducteurs ont d’ailleurs eu la bonne idée d’ajouter des annotations explicatives sous chaque texte. Bienvenues, elles expliquent les contextes ou les personnages cités, n’interdisant au lecteur ni de comprendre, bien sûr, ni d’apprendre quelques tenants et aboutissants géopolitiques contemporains. Un mot, enfin, pour dire que ce Que La Farce Soit Avec Vous est illustré, totalement dans l’esprit des textes, par plus de soixante graphistes différents dont Pakito Bolino, E.T., El Rotringo, Torro, Cécile Jarsaillon, Jean-Sé et autres Witko. Un livre – un pavé – à mettre entre toutes les mains, un recueil de textes indispensables à tous ceux qui défendent la cause humaine. [SV]

Jello Biafra - Que la farce soit avec vous

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Ged Pwah, Philosophy With A Hammer, juillet 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

par Ged PWAH, PHILOSOPHY WITH A HAMMER, blog, juillet 2012

DOC: Que la farce soit avec vous de Jello Biafra (Rytrut Editions – 2012)

L’époque gerbante à laquelle nous vivons présente à la plupart du jeune public la musique sous un jour tout à fait réjouissant : des saloperies de fichiers informatiques virtuels sur un disque qu’on ne voit même pas, quelque part à l’intérieur du truc sur lequel cet article naît pour la deuxième fois, puisque le stylo l’a précédé. Il fut un temps, jeunes raclures, où l’achat d’un disque correspondait à une succession de temps magique : ouverture du disque, en général d’une trentaine de centimètres sur trente, jet de la dite galette sur la platine, les premières notes et les frissons qui vont avec arrivent, et paf, décortication de la pochette (graaande) dans son ensemble puis observation, analyse, traduction des textes pour pouvoir hurler dessus quand le son est assez fort pour que tes vieux n’entendent pas ton affreuse voix qui ressemble à s’y méprendre à un klaxon de tacot avec défaut d’usine. Mec, ça c’était avant.

Grâce à l’oeuvre salutaire des Editions RytRut, death-y-dément douées pour dénicher / éditer du costaud, on a ici droit à une traduction de l’ensemble des paroles commises par l’infâme Jello Biafra et même une mise en image de certains des (nombreux) détails que l’éternel ex-DK évoque sur chacun de ces brûlots punkoïdes. Et alors là, nom d’un flexi-disc, paye ta liste de dessinateurs (ils sont au moins 5790742468), mais comme ici pas de place pour la démocrassie, c’est les poteaux que l’on salue en preums, et va-z-y donc que la My Way / Speedball family est de la partie (Chester, Melvin… Si t’as pas la flemme, tu regardes sur ce blog, leurs travaux sont critiqués) mais aussi l’incontournable Pakito Bolino (Le Dernier Cri, total support !), Taga (BBT power !) et plein d’autres comme les fameux Tanxxx, Witko, Pixel Vengeur (Le War Pimp Renaissance fracasse, je le veux en grand formaaaat !), El Rotringo et le reste, tu le liras sur la couverture du bouquin que tu te dois d’acquérir, ô grand historien de forums que tu es, quand tu t’apprêteras à te la péter au sujet de… Ben à peu près tout ce qui concerne le bras de fer entre gouvernement à la con et citoyen réfléchi et impliqué, l’humour et un intelligent penchant vers la psychologie, une faculté à retourner tout argument avec une tendance au sarcasme voire à la mauvaise foi en cerises on zeu cake. Rien ne vaudra jamais les versions originales de tous ces textes mais ce (monstrueux) travail de traduction est à saluer. En bonus en fin de volume, une BD à l’humour acide d’une vingtaine de pages signée Jean Bourguignon. Ecouter les disques en compulsant ce délicieux recueil, c’est presque une perversion tellement c’est bon. Jello Biafra über alles ?!

© GED Ω – 20/06 2012

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Eric Roméra, Intramuros n°371, été 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

par Eric Roméra, INTRAMUROS n°371, été 2012

LECTURES ESTIVALES : Du bon, du bien, du bouquin – La sélection d’Intramuros

Intramuros-A-371« Jello Biafra est un personnage incontournable de la scène punk-rock américaine mais aussi mondiale. Leader de des Dead Kennedys, il a pour ainsi dire inventé le « do it yourself » et a été l’un des premiers à mêler musique et politique. Cet ouvrage imposnat, édité par une petite mainson d’édition française audacieuse, propose la traduction en français des textes du monsieur, de ses chansons avec les Dead Kennedys mais aussi de celles enregistrées avec ces autres formations, des Melvins à Guantanamo School Of Medicine. Le tout est joliment illustré par soixante et un peintres et graphistes originaires de l’Hexagone mais aussi de Belgique, Québec, Tahiti, Berlin et Genève… comme pour démontrer encore une fois que Jello Biafra est une icône internationale. C’est le cadeau idéal pour les fans nombreux par chez nous quand on en juge le Bikini plein comme un œuf il y a deux ans. »

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique Antoine Petite, Inked #10, juillet/août 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

par Antoine Petite, INKED #10, juillet/août 2012
Tatouage Culture. Style. Art.

Inked-10-RInked Life  – CULTURE

DES MUNITIONS POUR VOS VACANCES…
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L’ÉTÉ EST CENSÉ BOOSTER LES VENTES DE LIVRES, PARAÎT-IL.
OR POUR OCCUPERCES LONGUES SEMAINES D’OISIVETÉ,
CHACUN Y VA DE SA PROPRE STRATÉGIE…

« …Il en est d’autres qui préfèreront un bouquin profond certes, mais dans lequel ils pourraient piocher avec une certaine décontraction coupable… Le projet a été lancé en 2005, puis repoussé pour différentes raisons. ‘Que la farce soit avec vous’ est un recueil de traductions de l’intégralité des textes écrits par Jello Biafra pour ses différents projets, Dead Kennedys bien sûr, mais également Lard, ses collaborations éphémères avec NoMeansNo, D.O.A., Mojo Nixon ou les Melvins, et son dernier bébé, sa Guantanamo School of Medicine. Avtiviste parmi les activistes, intégrité personnifiée, il n’est probablement pas besoin de présenter le Sieur Biafra, figure unique et emblématique de trente et quelques dernières années de nos contre-cultures rock. Alors encore Eric Boucher, son vrai nom, Jello est né dans un environnement lettré, d’où ses inclinaisons pour l’expression artistique et la politique internationale. Loin de négliger la forme au profit du fond, et en dépit de sujets pour le moins sérieux a toujours écrit des perles de textes, infiniment plus fins et pertinents que l’immense majorité de ses contemporains punks, qui se contentaient souvent d’être en colère. Sardonique, acerbe voir absurde, chaque chanson est une opportunité d’aborder un sujet le révoltant, mais il Inked-10-Vpréfère assez systématiquement aborder le thème incriminé via un humour noir grinçant et référencé. Si les traductions ne posent aucun problème, on pourra regretter de ne pas avoir conservé la VO ni la syntaxe d’origine. En même temps, la mise en page en devient conviviale et abordable. En contrepartie, le vrai plus de ce livre, tient en ses illustrations puisque pas moins de soixante et un dessinateurs se sont frottés aux prises de positions de Biafra, dont pas mal de tatoueurs, comme de par hasard : Melvin, à l’origine du truc, Chester, BB Coyotte (que vous retrouverez dans ce numéro !), ou encore Jean-Sé Powerderm lnk ou Louison Tatoo de Tahiti. Chacun y va de ses quelques pièces, avec son style, sa vision de morceau en question. Nous devons ce louable projet louable à Rytrut, une minuscule structure éditoriale dévouée elle aussi aux musiciens, artistes et activistes, sans compromis ni répit, à soutenir aveuglément.»