Les Filles Atypiques, L’Histoire des Slits, Zoë Howe, chronique John Hirsute, novembre 2015

L’Hirsute – Fanzine en papier virtuel

03/11/2015

« Les filles atypiques – l’histoire des SLITS » – Zoe Howe – RYTRUT Editions

Les Filles Atypiques, L'histoire des Slits, Zoë Howe

Le 16 mai 1976 au concert de PATTI SMITH (Au Roundhouse, à Camden, Londres), Ariane Foster (alias ARI UP), sa mère Nora, Paloma Romero (Palmolive) et Kate Corris sont dans le public. Paloma et Kate désire monter un groupe exclusivement féminin, c’est en entendant hurler cette gamine de 14 ans qu’elles proposent à Ariane de monter un groupe. Dés le lendemain elles commencent à répéter ! La première mouture des SLITS est bien là ! Vous l’aurez compris, cet ouvrage a pour épine dorsale, l’histoire chronologique du groupe THE SLITS. Mais plus que cela c’est aussi un témoignage du mouvement « Punk » qui débarquera en 1976 en Angleterre et d’une bande de gamins et gamines qui attendaient cet ouragan avec impatience, pour différentes raisons. Que ce soit pour donner un souffle nouveau à la musique en vogue à l’époque, mais aussi pour donner aussi la possibilité aux femmes de s’évader du rôle auxquels elles étaient cantonnées jusque là : « Il y avait un vide culturel. Le monde était très ennuyeux à l’époque et bien que les femmes aient obtenu l’égalité de salaire en 1972, le rôle des femmes n’avait toujours pas changé : il fallait se marier, avoir des enfants et être une femme au foyer. Si vous étiez suffisamment intelligente, vous pouviez devenir professeure ou autre. Je ne me sentais pas vraiment concernée. J’ai vécu ma vie suivant une éthique Punk . Sans que personne ne me dise ce que cela signifiait, j’avais décidé que TOUT ETAIT POSSIBLE, et je n’allais certainement pas suivre le même chemin que ma mère, assurément. […] Je me disais qu’il qu’il devait y avoir d’autres choix pour moi. Au milieu des seventies, j’ai fait les beaux-arts, et ce fut une de mes issues. Quand est arrivé le Punk en 1976, je suis venue à Londres. Cette nouvelle tendance était tellement dynamique et anti-establishment…Que je n’ai eu aucun mal à m’y identifier, de toute façon. » (Christine Robertson, qui fût manager des SLITS). TOUT ETAIT POSSIBLE, et il ne fallait pas passer à côté, comme le dit Viv Albertine : « Je n’avais encore jamais joué d’un instrument, mais je m’en foutais, rien n’avait d’importance. Et soudainement, il y a eu cette petite brèche, une porte ouverte pour une période très courte, et vous ne pouviez que vous y engouffrer ». C’est donc ce que firent les SLITS, soutenues par leurs « potes » ou « petits amis » de l’époque : Mick Jones, Joe Strummer, Paul Cook, Keith Levene, Don Letts… ceux qui firent partie de la « famille des SLITS ». d’une attitude et d’un son Punk, les SLITS s’orientèrent vers de nouveaux horizons musicaux (Post-Punk, Dub, Jazz, Funk, Hip-Hop) sans faire dans le complaisant et en restant intransigeante quand à leur liberté de se réaliser, de s’exprimer, de s’habiller. Ce n’est que lorsqu’elles auront décidées du moment et à leurs conditions qu’elles accepteront de sortir leur album « Cut » chez Island, en 1979 (produit par Dennis Bovell). Rien n’a été facile pour les SLITS, rien ne leur a été épargné : Leur nom (THE SLITS) remplacé par celui des JAM dans le titre « Punky reggae party » lorsque Bob Marley apprend qu’il s’agit d’un groupe de filles, des agressions physiques ou verbales dans les transports en commun, l’incompréhension quasi-générale devant la pochette de leur album « Cut » qui choquera une grande partie de la population anglaise… Mais elles ont réussi à tenir parce qu’ elles faisaient bloc ! « Elles ont dû supporter beaucoup de conneries, des gens qui les agressaient dans la rue et leur lançaient des injures, c’étaient les sorcières de WEST LONDON. Elles ne correspondaient pas au stéréotype féminin conventionnel, mais c’était leur force. Ça ne les intéressait pas de porter les vêtements conçus pour les filles à l’époque. Elles disaient : « Nous ferons ce qu’il nous plaît. Nous déciderons comment nous voulons vivre et comment nous voulons nous habiller » » (Don Letts). Cet ouvrage ne s’adresse pas qu’aux « fans » des SLITS, il nous décrit l’univers de femmes qui vécurent des moments difficiles, mais aussi (et heureusement) des moments merveilleux et inoubliables de 1976 à 1982, puis au début des années 2000 avec quelques reformations des SLITS au line-up variés. Bien loin du star système, les SLITS n’ont pas faillies à leur principe premier : « NOUS DECIDERONS COMMENT NOUS VOULONS VIVRE ».

(John Hirsute)

Burning Britain, Ian Glasper, Zoop ! Zine, Feuille d’infos, mai 2016

FlyerBokal1Zoop ! Zine, Feuille d’infos, mai 2016

BURNING BRITAIN, Seconde Vague Punk Britannique, Ian Glasper, Editions Rytrut, 742 p.

Construit sous la formes de chapitres personnalisés, ce livre a le mérite de nous présenter enfin une période peu évoquée dans la littérature francophone et pourtant prolifique que fut la deuxième explosion punk du début des années 80. Un nombre conséquent de groupes majeurs et parfois un peu plus confidentiels sont répertoriés par région et par ordre alphabétique, choix peut être arbitraire mais qui donne une cohésion à l’ensemble et nous permet d’appréhender chacun comme on le veut. Moi je l’ai dévoré d’un trait, vu mon intérêt pour la chose, et je dois dire que j’ai beaucoup appris sur ces groupes dont je ne me suis jamais lassé depuis ma toute première découverte avec la mythique compilation d’Anagram, monument du genre : Punk and Disorderly Vol. 2 Further Charges. Le volume un était très difficile à dégoter à l’époque, probablement pour des raisons de distribution, et ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert le troisième, plus anecdotique mais qui reste un document important. Rytrut a fait là encore un super boulot de traduction et la mise en page sobre est très soignée. On appréciera un nombre conséquent de clichés de l’époque assez inédits pour la plupart (peut-être même tous, en tous cas je n’en connaissais pas un seul), et le plaisir est maximal à la lecture des propos des groupes qui s’entendent tous pour conclure qu’ils ne regrettent en rien ce qu’ils ont pu faire et vivre et que cela reste la période la plus épanouissante de leurs vies.

Même les pages sur les très controversés Exploited sont intéressantes et nous livrent une autre image de ce groupe souvent décrié, Wattie faisant preuve d’une lucidité rare chez un personnage difficile à cerner… Le clou ira cependant aux groupes sur lesquels il nous a toujours été si difficile de savoir quoi que ce soit, comme The Straps, The Destructors, Undead, Demob, Screaming Dead, Lunatic Fringe, The Samples, Emergency, Instant Agony, Dead Wretched, The Fits, The Enemy ou les mythiques UK Decay qui sont pour moi les inventeurs du gothique dans sa variante punk (on pourrait dire batcave), ou en tout cas ce qu’il s’est fait de mieux avec Bauhaus, même si ça n’a rien à voir. N’hésitez pas à acquérir cette somme de travail et d’érudition, ça en vaut bien le prix. L’index des groupes cités donne le tournis à lui seul ! Quand je parle de ce livre, je répète toujours la même chose : « Une fois que tu l’as fini, tu peux le recommencer ! » Plus qu’un ouvrage sur l’histoire de la musique, cette bible rend hommage à une génération. Le reste a continué de s’écrire depuis, partout dans le monde.

 

Burning Britain, Ian Glasper, chronique MyRock #38, janvier 2016

MyRMyRock-38-B-ock #38, magazine, janvier 2016

BURNING BRITAIN
Seconde vague punk britannique
IAN GLASPER

PUNK’S NOT DEAD

On connaît plutôt bien la première vague de punk britannique. Mais ce qui s’est passé à partir de 1980 reste un mystère pour la plupart d’entre-nous. Pourtant, d’excellents groupes, comme The Exploited, Discharge ainsi que The Toy Dolls, ont proposé des morceaux dévastateurs, et ont fait la pluie et le beau temps en Grande-Bretagne. On les y retrouve, et tant d’autres, dans cette petite encyclopédie organisée par région. Sans oublier un chapitre consacré aux labels, sans qui rien n’aurait été possible.

Burning Britain, Ian Glasper, chronique Punkulture n°3, 1er semestre 2016

Punkulture 3

Punkulture numéro 3, fanzine, 1er semestre 2016

CHRONIQUES LIVRES : No Future, et après ?

Un beau pavé !

Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir  d’ennui. —  Raoul Vaneigem (1967)

Burning Britain ! C’est évidemment le nom du EP de Chaos UK sorti en 1982. Tout un programme ! Mais maintenant, c’est aussi un livre que viennent de publier les éditions Rytrut. L’auteur, Ian Glasper, un ancien de Flux Of Pink Indians, a sorti ce livre en 2004 en Angleterre parce qu’il aurait aimé le voir dans sa propre bibliothèque une attitude typique punk. Le résultat : une source incontournable de plus de 700 pages, abondamment illustrée de nombreuses photos, que Ian Glasper a en plus mis à jour pour l’édition française et américaine. Et il faut remercier ici l’énorme travail de traduction des éditions Rytrut.

Vous y trouverez plus d’une centaine de groupes qui ont émergé entre les années 80 et 84. Et parmi les plus reconnus, on peut citer : UK Subs, Disorder, GBH, The Business, The Addicts, Vice Squad, Peter and T. T. B., One Way System (en photo de couverture du bouquin pour cette version francophone), et plein d’autres évidemment, dont certains m’étaient totalement inconnus.

L’auteur est allé rencontrer des membres de chaque groupe et de chaque label pour les interviewer et retracer leurs parcours. Le tout donne alors une idée de l’effervescence explosive de ces années. Celles et ceux qui, à la fin des années 70, voulait voir le punk mort ont eu une bien mauvaise surprise : l’esprit Do It Yourself / Do It Ourselves étaient une véritable traînée de poudre dans tout le Royaume-Uni ; avec une multiplication de groupes, de concerts et de zines – dont on méconnaît l’impact de ces derniers, faute de transmission. Un à un, on suit les groupes dans leur évolution musicale, leur différent line-up, et leur reformation passée, ou présente, après plus de 30 ans. Car c’est bien connu : « Lorsque l’esprit du punk rock jette son grappin sur toi, il ne te lâche plus » (Glasper). J’ai particulièrement aimé en apprendre davantage sur Action Pact, UK Decay, Total Chaos, et découvrir qu’un ancien des Destructors jouait dans le groupe Prodigy, très précurseur alors.

C’est entre autre contre l’ennui que la spontanéité ravageuse et la sauvagerie juvénile battait son plein. Et on la mesure bien grâce à ce livre. On voit qu’il en fallait de la détermination et de la ruse pour accéder aux instruments et aux studios. On voit comment le fait d’être punk n’était pas de tout repos, qu’il fallait affronter une hostilité violente et dangereuse ; plusieurs membres de groupes témoignent des agressions subies et des guerres de territoires désolantes. On voit aussi comment les parents ont pu soutenir la démarche de leurs ados ; comment, par exemple, c’est la mère du batteur de The Insane qui prit le téléphone pour faire passer une audition à son fils, pour qu’il joue dans Discharge. Le livre regorge d’anecdotes de ce style, plus étonnantes les unes que les autres ; parfois marrantes – comme par exemple celle du canular qu’a été la création du groupe Chaotic Dischord – mais aussi parfois très pathétiques – comme celle où un gars interpelle le chanteur des Exploited sur l’orientation plus métal que punk qu’il obtient comme réponse un coup de boule, avec : « Et ça, c’est assez punk pour toi ? »… hmmm… pas vraiment constructif.

Le travail de Ian Glasper est bien plus qu’un recueil de souvenirs sur quelques années folles et glorieuses. Au contraire. Tout en montrant la créativité de la sous-culture punk, on y voit très rapidement ses limites. Son livre peut alors nous servir, aujourd’hui, telle une leçon pour éviter les erreurs et dérapages passés. Il s’agit d’appliquer un des enseignements du vieux barbu : « Celui qui ne connaît pas lhistoire est condamné à la revivre ». C’est en tous les cas en ce sens que j’aimerai que son livre soit aussi lu : comme un outil pour améliorer ce que nous faisons.

DEe sorte que dans le livre, la quantité écrasante de groupes de mecs, mâles bands, devrait aujourd’hui nous interpeller sur le machisme décomplexé qui sévit toujours dans la scène. On retiendra en particulier cette remarque de la chanteuse des Expelled pour expliquer son départ du groupe : « Marre (…) de tolérer autant de tripotages ». On retiendra aussi comment la dope à gangrené et détruit des dynamiques, des groupes et des personnes, avec son lot d’embrouilles et de décès. On retiendra comment une violence stérile aura sapé des initiatives d’émancipation. Comment le poids des majors et des médias en vogue ont cherché à faire de cet art brut qu’est le punk un produit aseptisé, commercial et totalement dénué de révoltes. Comment la créativité a été étouffé par un copiage-clonage des groupes propulsés sur le devant de la scène. Et enfin, comment la politique de l’apolitisme a offert une vitrine pour l’extrême droite.

En gros, s’il y a un livre sur le mouvement punk a acheter cette année, c’est bien Burning Britain – seconde vague punk britannique. Et on attend avec grande impatience la traduction du second livre de Ian Glasper, The Day The Country Died, qui lui, témoigne sur la contre-culture anarcho-punk. Rytrut a du pain sur la planche. Et il n’y a pas à tergiverser : pour que de tel bouquin existe, achetez déjà celui-là !

Lien pour un achat en ligne : https://www.rytrut.com/

Punk attitude, Rytrut éditions, article Damien Grimbert, Petit Bulletin n°951, novembre 2014

Punk attitude

ANIMATIONS | article publié le Mardi 18 novembre 2014 par Damien Grimbert

Petit Bulletin951

Animation : Rencontre avec les éditions Rytrut à la Librairie du Magasin

Rytrut Petit Bulletin 951 novembre 2014Organisée à l’initiative de la librairie du Magasin dans le cadre de l’exposition Art in Pop, la rencontre de ce jeudi sera l’occasion de se familiariser avec Rytrut, petite maison d’édition associative indépendante et autogérée spécialisée dans la publication d’ouvrages traduits en lien avec les cultures musicales souterraines et plus particulièrement le mouvement punk.

Créée en 2003 par Ladzi Galaï dans le prolongement d’un activisme de plus de vingt ans au sein de l’underground musical français, Rytrut entame son activité avec la publication de l’édition française du livre La Philosophie du punk de Craig O’Hara la même année. Suivront par la suite une dizaine d’autres ouvrages consacrés à des artistes comme les Slits, les Ramones, D.O.A., Crass, Trespassers W mais aussi Nirvana et P!nk, sans oublier un recueil de paroles de Jello Biafra, fondateur des Dead Kennedys (Que la farce soit avec vous) ou encore un livre de référence sur le punk américain de 1979 à 1992 (Going Underground, de George Hurchalla). Un travail à la fois titanesque, érudit et hautement méritant que viendront présenter, aux côtés du précité Ladzi Galaï, les artistes et illustrateurs E.T et Laurent Melon, ainsi que le webmaster et traducteur Cyrille Lannez.

Damien Grimbert

Rencontre avec les éditions Rytrut, jeudi 20 novembre de 17h30 à 19h à la Librairie du Magasin

Crédit Photo : Fadma Kaddouri

Sur la Route avec les Ramones, Monte A. Melnick + Frank Meyer, chronique Ged, Le Tafeur #56, automne 2014

Tafeur 56 coverSUR LA ROUTE AVEC LES RAMONES, Monte A. Melnick + Frank Meyer

Le Tafeur #56 mégazine, sept. oct. nov. 2014, par Ged

« Quelle est la différence entre un tour manageur une cuvette de chiottes ? Une cuvette de chiottes ne peut avoir à faire qu’à un seul trou-du-cul à la fois ». Et pourtant 2263 concerts en vingt-deux ans voilà le résumé sur roues de la vie du plus grand groupe de punk rock de l’univers et cette odyssée des plus rudes Monté l’a vécue en cinquième RAMONES, avec le groupe par monts et par vaux, qu’il pleuve ou qu’il vente et malgré les éternels remous internes qui pourrissent la vie des faux-frères du début jusqu’à la fin. D’abord pote de Tommy avec qui il monte un groupe puis un studio, Monte voit arriver le line-up classique ainsi que le concert du 16 août 1974, il les suivra dès celui-ci jusqu’au dernier près d’un quart de siècle plus tard. « Partir en tournée c’est comme partir en grandes vacances et en même temps commencer un boulot interminable ». Chauffeur, sono, roadie ou, comme le dit son ex : « Le tour manageur, la mère, le père, le professeur, le médecin, le baby-sitter, le trésorier, la voix de la raison, le référant» etc. des RAMONES, il vit, rappelons-le, au milieu d’une bande de psychopathes en guise d’équipe. L’envers du décor RAMONES, se révèle souvent bien plus destroy que la façade punk rock dans un groupe qui est tout de même une entreprise qui tourne, un contraste omniprésent dans la vie des musiciens. Le texte ressemble à une sorte de table ronde puisque les témoignages se succèdent presque chronologiquement, le groupe, malgré un acharnement qui lui coûte cher, ne percera jamais vraiment malgré le travail collossal effectué par chacun. Monte est le courage incarné, voir peut-être même la folie, car il ne regrette quasiment rien. « Oui c’était un voyage long et fou avec les RAMONES [] mais dans l’ensemble j’ai apprécié le trajet ». Les fatigué de naissance devraient en prendre la graine ! Chouettes photos, affiches et autres flyers, truculentes anecdotes (première partie dangereuse de BLACK SABBATH !), on n’hésite pas à lire ce livre, ainsi que le divin Mort aux RAMONES de Dee Dee. – Ged

Sur la Route avec les Ramones, Monte A. Melnick + Frank Meyer, chronique Rosa Capelli, Daily Rock, février 2014

Sur la route avec les Ramones, Monte A. Menick + Frank Meyer, couverture © Jon Holmstrom

SUR LA ROUTE AVEC RAMONES
MONTE A. MELNICK + FRANK MEYER

par Rosa Capelli, DAILY ROCK, 28 février 2014

Un p… de chouette bouquin, écrit quasiment de l’intérieur, puisque Monte A Melnik considéré comme le cinquième Ramones, a fait partie de l’aventure dès ses débuts et a fini comme tour manager du groupe.

Frank Meyer, quant à lui, a officié dans plusieurs magazines américains et en tant que frontman dans Streetwalkin’ Cheetahs et Sweet Justice il a aussi participé à de nombreux albums. ‘Sur la route avec les Ramones’ a été publié en anglais en 2003. Il paraît en français aux Editions Rytrut, à seulement mille exemplaires qui trouveront aisément leur place chez les collectionneurs.

Les Ramones, groupe mythique s’il en est ! Demandez à n’importe quel ado, même s’il porte casquette et pantalon bas, il saura tout de même qui sont les Ramones. Pas mal pour un groupe de sales punks, défoncés et branleurs, enfin pas tant que ça… Il ressort de ce livre qu’ils avaient aussi un côté très rigoureux, faisaient preuve de beaucoup de ténacité et n’ont jamais lâché le morceau surtout pendant la tourmente.

Ce qui fait l’intérêt de l’ouvrage, à part bien sûr les illustrations, reproductions d’affiches et nombreuses photos qui raviront les fans, c’est la façon dont il est fait. Pas question de raconter la vie des Ramones comme un livre d’histoire ! De multiples intervenants, à commencer par les Ramones eux-mêmes et bien sûr Monte. Du coup, le livre ressemble à la musique des Ramones, c’est bref et concis, plein d’humour, de punch et de sincérité.

On assiste aux prémices de leur histoire avec le chapitre ‘pré-Ramones’, qui raconte la rencontre et l’amitié entre Monte et Tommy. Deux jeunes de Forest Hill, dans le Queens, qui rêvent de musique et de rock ‘n roll en allant au lycée. Rien que de très banal en fin de compte ! Ils croiseront bientôt la route de Johnny, Joey et Dee Dee. Tous sont amateurs des New York Dolls, des Stooges et des Beatles. Ils tournent le dos à la culture hippie et ses soli interminables pour s’adonner à une formule qui fera ses preuves, des titres très courts, joués très vite, des textes le plus souvent empreints de cynisme. Sur scène, ils arborent le désormais célèbre look Ramones, T-shirts, jeans déchirés, blousons de cuir et adoptent une posture statique. Les Ramones s’expriment à travers des sets courts et bien envoyés. Ils ne tarderont pas à séduire une certaine scène new-yorkaise, mais auront plus de mal avec le public. C’est en Angleterre qu’ils connaîtront leur premier vrai succès auprès des punks qui les adopteront immédiatement.

Bon, on va pas tout déballer comme ça, comme disait l’autre, on vous invite plutôt à vous procurer ce livre qui retrace toute leur histoire. La biographie la plus complète parue à ce jour sur les Ramones. Tout y est, leur jeunesse, leurs pires défauts, leurs névroses, des anecdotes poisseuses, leurs histoires d’amour, la rivalité à propos de Linda qui passa des bras de Joey à ceux de Johnny tout en provoquant une grave crise au sein du groupe, leur dépendance aux drogues, leur tournées de malades et tout et tout…

En vente à Genève exclusivement chez Urgence Disk, librairie Fahrenheit 451 et sur www.rytrut.com

Que la farce soit avec vous, Jello Biafra, chronique La Gazette Du Rock, mai 2012

QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS – paroles 2005-2011
JELLO BIAFRA

LA GAZETTE DU ROCK, Belgique, 29 mai 2012

Alors que l’équipe de la Gazette du Rock vient juste de sortir le nouveau numéro et s’attelle déjà à celle pour la rentrée, voici que, tel le messie, apparaît cette brique contenant les traductions des textes de Jello Biafra de 1979 à 2011. C’est vous dire si c’est complet.

Cette bible politico-américano-verdoyante et énervée est agrémentée d’une flopée de dessinateurs aux oreilles abîmées par les larsens et les acouphènes, dont, ça alors, certains que l’on retrouve dans La gazette comme Fifi, Burt, Jampur Fraize et Jean Bourguignon ! Incroyable !

"LES FILLES ATYPIQUES, l'histoire des SLITS" de ZOË HOWE

Les Filles Atypiques, L’Histoire des Slits, Zoë Howe, chronique Daily Rock #69 , septembre 2013

Les Filles Atypiques, L’histoire des Slits, Zoë Howe, photo de couverture : inédite 1977 © Chalkie Davies, publiée exclusivement pour la 1ere édition française de ce livre

LES FILLES ATYPIQUES, L’Histoire des SLITS
ZOË HOWE

DAILY ROCK #69, Genève, 27 septembre 2013 :

Zoë Howe – Les Filles Atypiques : L’Histoire des Slits

« Obscure groupe punk féminin oublié pour les uns, totalement culte pour les autres, The Slits méritaient bien une biographie à leur gloire. Quatuor totalement en avance sur son temps, Ari Up, Palmolive, Tessa Pollitt et Viv Albertine furent les instigatrices du rapprochement entre le punk et le dub qui allèrent inspirer The Clash, Public Image Limited ou encore Big Audio Dynamite et quelques autres. Menées par une furie d’à peine quinze ans (Ari Up), The Slits demeurèrent en accord avec leurs principes, vivant dans des squats, dormant dans des vans et dépensant l’avance de leur maison de disques pour faire venir des artistes adorés pour tourner en leur compagnie. Définitivement pas des ‘Typical Girls’ comme le prouve cette bio indispensable. »

Les Filles Atypiques, L’Histoire des Slits, Zoë Howe, article Ranx Ze Vox, juillet 2013

"LES FILLES ATYPIQUES, l'histoire des SLITS" de ZOË HOWELES FILLES ATYPIQUES, L’histoire des SLITS
ZOË HOWE

RANX ZE VOX blog, 1er août 2013 :

Les SLiTs !

Des FiLLes vach’teMenT ATypiques


Enfin un bouquin sur les Slits, pas sur un groupe de filles dans le Punk ou le Rock, pas un Girls Band, pas une équipe de féministes énervées non, juste un groupe de Rock, avec des filles dedans !

Comment et pourquoi les Slits ont été un groupe important, et même plus qu’important, même si pratiquement jamais cité !!

Sans aucun doute le groupe le plus Punk avec les Subway Sect ou Alternative TV jamais mit en place, aucun rapproch’ment avec l’univers du Rock’n’Roll, aucunes références, à rien, juste faire un truc, le leur.

1976/77, une toute petite fenêtre, impossible 10 ans avant et déjà plus possib’ deux ans après. Un groupe monté de bric et de broc, d’envie.

La musique, un truc secondaire, juste une attitude mais pas un de ces trucs déjà très vite rangés dans des cases. Les Slits n’étaient pas un groupe de « Féministes » avec le mode d’emploi de la révolution des foufounes et de la rhétorique de vilaines saucisses qu’ont que’que chose a prouver, juste une bande de nanas qu’avait surtout pas envie de vivre la vie, chiante à crever, d’leur mère ou d’la voisine de palier.

Pas envie d’attend’, se faire marier et une l’éternité à ruminer.

Si les yankees Runaways étaient là avant, elles jouaient dans le près carré des lascars, guitares entre les g’noux, moue de filles à soldats et sans doute bien plus de couilles que l’grateu d’van halen, les Slits elles, ont achetés leur harpent d’terre et l’on travaillé, à la corne.

Pas de Cindy Lauper, Annabella Lwin, t’être même de Madonna et autres suiveuses sans que ces quatre chipies ne décident un jour, non pas de jouer, mais d’utiliser un instrument, de musique, qu’on s’entende !!

Si la furia de 77 a révélée un paquet d’individus et de groupes offrant aut’ chose qu’un fond sonore pour Aujourd’hui Madame, les Slits qui étaient dans la motrice se sont toujours retrouvées recalées dans le wagon d’queue.

Correction Train !

L’album Cut ne sort qu’en 79, éclair de génie, non pas musical, bien que perso j’adore, non celui de ne pas avoir cédé, ne pas avoir sorti un single ou même un album de plus qui resterait aujourd’hui dans le bac PunkRock immatriculé 77, tranche de nostalgie pour ceux qui y étaient, et pire encore pour ceux qui en rêve.

Les Slits c’est en fait deux histoires.

Une qui pause 4 nanas biens énervées, bien que joyeuses déconneuses, relativ’ment incapab’ de jouer d’un instrument mais avec une Revendication, Exister, elles et par elles même, modèle 76 avec le Punk, c’était tout à fait possible.

La seconde, serait l’histoire de ces 4 nanas, déjà plus tout à fait les mêmes, et oui on est maint’nant en 77, qui vont s’extirper de ce magma tout foutraque en créant leur son, leur monde.

Un Joe Jackson ou les Pogues l’ont fait, les Specials ou Dexys Midnight Runners aussi, et je les en remercie au passage mais qui a pensé a remercier les Slits pour l’énorme contribution au monde de la musique qu’on a écouté au long des années 80 et 90 ?

On aurait pu avoir un groupe de filles jouant du Rock Lourd ou du Ska, un Girls Band de gentilles andouilles aux formes avantageuses surinant les ondes des radios FM avec leur sirop de sucre fondu, non, on est tombé sur un nid d’sorcières braillardes nous fabriquant moult décoctions avec du Rock, du Reggae, du Jazz plutôt vachement Free, des tempos qui ne tiennent pas sur du 4 temps, des ambiances Africano-Londoniennes et une palanquée de hululements à faire frémir un banc d’chouettes !

Si l’est devenu très vite concevable qu’un groupe de Punk-Rock joue occasionnel’ment des morceaux de Reggae, la formule des Slits à partir de 77 travaille de plus en plus sur l’Up Tempo, ralentissant généreusement leurs morceaux, proposant ainsi des espaces à leur toute jeune chanteuse, Ari Up, qui vocalise à qui mieux-mieux et invente par là même Bjork, ben ouais, fallait l’dire !!

Le travail avec Dennis Bovell sur Cut reste remarquable, les filles n’y produisent pas un Rock Reggae sirupeu/Police-isé mais un savoureux mélange des genres. Ne gardant du PunkRock que le coté Individualiste, s’affirmant comme des femmes libres de toutes entraves Rock‘n’Rollesques, masculines, ne jouant qu’avec leurs propres règles du jeu et surtout de la conduite. Les toujours trop brèves séquences filmées à cette époque par notre si cher et précieux Don Letts nous le confirmes.

L’engagement « féministe » des Slits s’arrêtera là, penser et faire par elle même, ce qui ne les empêchera pas d’avoir, depuis le départ de Palmolive, un batteur masculin et même un producteur sinon rasta, en tout cas emprunt d’une culture où la femme est fermement réclamée en cuisine. La petite anecdote sur la « rencontre » Marley / Slits en raconte si long…

Précurseuses, inventives, pas plus intéressées qu’ça d’êt’ un groupe de Punk, de Rock, de Reggae ou de variétoche de plus, juste faire leur truc, mixture pas possible sortie du gros chaudron qu’était Londres à cette époque, mélange des genres, les basses aussi rondes qu’énorme du Reggae et des Sound Systems qui se multiplies en ville, des guitares elles très nouillaves, acérées et une batterie complètement bancale, minimale, plus proche des tambours de l’Afrique. Comme Public Image, comme Basement 5, comme encore d’autres qui se lanceront à leur tour, World Music & Fusion, et feront oublier ceux et celles qui étaient là à la base du truc pop over to these guys. Comme d’hab, ceux qui initient l’bazar sont rarement ceux qui en tirent que’que chose, Same Player Shoot Again …

La parenthèse du Punk trop vite refermée, les Slits sont déjà hors jeu lors de la sortie de Cut, un très bon disque vraiment, avec une pochette hum…resplendissante, en tout cas vite rétrogradé par la presse tant papier que radio, par des Cindy Lauper et autre Kim Wilde, à la fantaisie bien plus malléable ou la plastique vachement plus … irréprochab’.

Il ne reste au groupe, et la c’est dommage, immatriculé Punk-Rock, que cette frange cloutée iroquoise méchamment à chien qui fera les beaux jours d’Anagram Records et qui n’avait absolument rien à foutre des premiers groupes de 77, jugés vendus et poseurs sur fond de Pop. Les tirades d’un Jimmy Pursey dans le NME à propos notamment du Clash sont plus qu’éloquentes, ni, et j’en reviens, sic, au (mauvais) goût de mes punks à chien, à un quelconque brassage de musique comme d’identité.

Pour le début des années 80 coté aventureux, même si il a légion de groupes super intéressants, le portail doucement se ferme. Plus de place pour ce qui ne tiendrait pas dans un Top of the Pops tout propret, surtout pas de revendications, et, grand malheur, c’est au bout d’une vilaine ballade avec la dope que s’efface des types comme Malcolm Owen, emportant avec lui tous les espoirs chaudement contenus dans les Ruts, une moitié des Pretenders et j’en passe.

1981, nos bruyantes amazones enregistrent un second LP, The Return of the Giants Slits, qui sortira en 82 sans le moindre intérêt ni des médias ni du public. Un album bien trop calme pour nos joyeuses sorcières, oscillant entre chants malpoli-phoniques et transe Africaine, un drôle de cocktail très avant garde, celui-là même qui fera bouger le monde 10 ans plus tard sous le nom de World Music.

Les filles, désolé pour le/les batteurs, se trouveront renforcées d’une cinquième énervée en la présence de Neneh Cherry, belle fille du trompettiste de Jazz Don Cherry présent sur l’enregistrement et une tournée.

1982, exit les Slits. Ari Up reformera le groupe, différemment et elles enregistreront même un album en 2009, mais c’est déjà une autre histoire.

Coté discographie, il existe 3 Peel Sessions, des enregistrements de 77, 78 et 1981, très mal distribués et salement bidouillés sur les éditions cd ainsi que quelques très bon Bootlegs, Girls Next Door est terrib’ !!

A l’opposé de la trop brève carrière du groupe, sa séparation s’est faite sans étincelle. Après avoir horrifiées, remuées, fatiguées la vieille Angleterre, les promoteurs, les managers et autres maisons de disques, c’est un groupe un peu las qui rend les armes. Comme d’autres, cinq ans à se vivre dessus, à partager le bon comme la galère, l’incompréhension, la fatigue et avec l’âge des envies d’changer d’air, nouvelles opportunités, sans faire de bruit, sans avoir besoin de faire de longs discours, d’un regard se comprendre, « je s’rais pas à la prochaine répèt », nous non plus et zip it up, les teignes sont entrées dans l’histoire.

Je voudrais en remettre une couche sur la Production du premier album assurée par Dennis Bovell, sur le type en tout cas. Déjà un producteur reconnu même si de Lover’s Rock et musicien notamment avec Matumbi et avec LKJ, ce type d’une culture total’ment différente qui se trempe, excuser le jeu d’mot, avec les Slits, les Fentes, un groupe de Femelles Vociférantes toutes Punk, un groupe qui ne risquait ni de lui ramener Fortune ou célébrité.

Je tiens à en rajouter parce que je sais très bien que tout ceux qui ont un jour ou l’aut’ scotchés sur le Punk-Rock connaissent tous Linton Kwesi Johnson, tout comme je le sais et depuis vraiment trop long de temps, les amateurs de Jamaïcannerie, qu’elles soient Roots, Rub a Dub, Ragga DanceHall n’ont absolument rien à foutre ni de l’histoire ni de ceux qui l’ont fait, donc toujours un point commun avec les à chiens d’aujourd’hui.

Rappel à quel point des types comme Don Letts, Dennis Bovell, Dennis Morris sont, étaient eux aussi, des traits d’union plus qu’important. Après tout si j’avais pu me faire produire un titre en 77 par Lee Perry, c’est pas Complete Control que j’aurais Choisi !

Si les Slits sont passées telles des comètes pétaradantes, sans être plus ou mieux reconnues qu’ça, c’est au travers d’aut’ groupes que leur impact fait écho. Siouxsie et ses banchés et Poly-styrene avec X Ray Spex ou Gaye Advert à la basse des Adverts dès 76, des femmes impliquées, pas juste de joly minois pour faire frémir les pré-pubères. Nina Hagen, très pote avec Ari Up, The Raincoats avec Palmolive après son départ des Slits et The Mo-Dettes avec Kate Korus, première gratte des Slits too. Les Bodysnatchers et Pauline Black des Selecters pour la bande à Two Tone.

N’en pas douter, des chanteuses telles Sinead O’Connor ou Annie Lennox, de l’aut’ folle de Deee-Lite à Lily Allen ont toutes un tribu à rincer aux Slits.

Avec le départ d’Ari Up en 2010, pour une autre scène, toutes idées de revoir un jour les Slits est perdue, tant mieux, rien à foutre de Rolling Slits et je suis sûr d’une chose, comme elle l’a toujours fait, toujours été, la Miss Ari Up doit en faire voir de toutes les couleurs au chef d’orchestre, Original Germa-ïcaine Bad Gal !!

Les Filles Atypiques de Zoë Howe aux éditions Rytrut, à lire, vraiment.

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Aujourd’hui la parité homme femme est inscrite dans la loi, journal officiel et toute ces conneries, Les Slits à grand coup d’accords & miaul’ments sal’ment dissonants l’ont mise à jour dans le Rock, mais ça c’était avant !!